Gérant ou président de SAS : comment protéger vos revenus en cas d’arrêt
Votre statut social détermine ce que vous toucherez si vous devez vous arrêter. La méthode pour mesurer l’écart et le combler.
Faute de gestion, violation des statuts, procédure collective : ce que risque personnellement le dirigeant et ce que couvre l’assurance responsabilité des dirigeants.
Beaucoup de dirigeants de petites entreprises pensent que la société les protège. Elle limite leur responsabilité aux apports pour les dettes de l’entreprise. Pour leurs propres fautes de gestion, la règle change : lorsqu’un associé, un créancier ou un liquidateur les met en cause, leur patrimoine personnel répond.
Le gérant de SARL est responsable, envers la société et envers les tiers, des infractions aux lois et règlements, des violations des statuts et des fautes commises dans sa gestion (article L223-22 du Code de commerce). Le président de SAS est soumis à un régime proche, par renvoi aux règles des sociétés anonymes. L’action se prescrit en principe par trois ans à compter du fait dommageable ou de sa révélation.
| Qui | Exemple de situation |
|---|---|
| Un associé | Un associé minoritaire reproche une décision d’investissement prise sans consulter l’assemblée. |
| Un salarié | Un salarié poursuit le dirigeant pour un manquement à une obligation de sécurité ou de formation. |
| Un créancier ou un client | Un fournisseur impayé reproche au dirigeant d’avoir poursuivi l’activité en sachant la société en difficulté. |
| L’administration | L’Urssaf ou le fisc engagent la responsabilité du dirigeant pour des manquements graves et répétés. |
| Le liquidateur | En cas de liquidation, il demande au dirigeant de combler tout ou partie de l’insuffisance d’actif. |
L’action en comblement de l’insuffisance d’actif est la plus redoutée : si une faute de gestion a contribué au passif, le tribunal peut condamner le dirigeant à payer personnellement une partie des dettes de la société.
Le contrat couvre les dirigeants de droit (gérant, président, directeur général) et, en général, les dirigeants de fait. Il couvre aussi les dirigeants passés, pour les faits commis pendant leur mandat.
Pour une TPE, un plafond de 300 000 € à 1 000 000 € est courant. Choisissez-le selon votre chiffre d’affaires, votre endettement et le nombre d’associés. Vérifiez que les frais de défense s’ajoutent au plafond ou s’imputent dessus.
La D&O fonctionne en « base réclamation » : elle couvre les réclamations reçues pendant la durée du contrat, y compris pour des faits antérieurs si le contrat prévoit une reprise du passé. Après la résiliation, la loi impose une garantie subséquente d’au moins cinq ans pour les réclamations portant sur des faits survenus pendant le contrat.
Pour une petite structure, regardez l’extension aux conjoints en cas de poursuite sur les biens communs et la prise en charge des frais d’enquête ou de contrôle administratif.
Pour une société saine de moins de 20 salariés, une D&O coûte souvent quelques centaines d’euros par an. Le tarif dépend du chiffre d’affaires, de la situation financière, de l’activité et du plafond choisi. Une société en difficulté, endettée ou en procédure paie nettement plus, quand l’assureur accepte de la couvrir : mieux vaut souscrire tant que les comptes sont bons.
La société souscrit et paie le contrat au profit de ses dirigeants. La cotisation est une charge déductible de son résultat.
Oui. Aucun associé ne vous poursuivra, mais les créanciers, l’administration et le liquidateur peuvent le faire. L’action en comblement de passif concerne aussi les sociétés unipersonnelles.
La RC Pro couvre les dommages que la société cause à ses clients ou à des tiers dans son activité. La D&O couvre la responsabilité personnelle du dirigeant pour sa gestion. Les deux contrats se complètent.
Article d’information générale, à jour à la date de publication. Il ne remplace pas une analyse de votre situation.
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